« Pourquoi et comment éviter la pollution
électromagnétique dans l’habitat ? »
C’est le titre de la conférence du 24 Nov.95 donnée à Viseu (Portugal) par Suzanne DEOUX, docteur en médecine,spécialiste des problèmes liés aux pollutions.
Nous subissons dans notre environnement quotidien, industriel et domestique, en plus de la pollution chimique déjà connue, une pollution électromagnétique, produite par :
Les écrans cathodiques et informatiques,
Les câbles électriques et informatiques,
Les transformateurs électriques,
Les éclairages, etc...
Un champ électromagnétique prend la forme d’ondes (ELF et VLF), qui en raison de leur extrêmement basse fréquence (6000 km) ont besoin de conducteurs pour être diffusées.
Le rayonnement électromagnétique fait naître :
un champ électrique, généré par le déplacement des charges électriques (électrons) qui circulent dans l’air et la matière (et pénètrent le corps humain). Les objets lui font écrans : végétation,
arbres, constructions.
un champ magnétique, qui augmente en même temps que la quantité de courant utilisée et diminue avec la distance. Il traverse les murs, la terre, la végétation et le corps humain. Il se mesure en Tesla T ou en Gauss G.
Origine de la pollution électromagnétique
Notre problème avec l’électricité, la télévision et l’informatique c’est qu’il n’existe pas de conducteur parfaitement étanche. C’est-à-dire que dans une salle de montage sur ordinateur écrans, câbles, transformateurs et éclairages irradient en permanence.
Pour ce qui est des écrans, il a été mis en place depuis quelques années une norme de fabrication suédoise, dite MPR2, qui garantit une bonne étanchéité du matériel au rayonnement. La norme C.E.,
obligatoire depuis le 1er. Janvier 1996 reprend les critères MPR 2.
(Ndr : Les moniteurs Avid de modèle 8905 KL et au-delà sont aux normes MPR 2. Pas les modèles antérieurs.
Tous les moniteurs LIGHTWORKS commercialisés depuis le 1/01/96 sont aux normes C.E. Pas les modèles précédents.)
Manifestations de cette pollution
Les trois principaux sujets d’inquiétude en cas d’exposition prolongée aux champs électromagnétiques sont :
Les dépressions
Les fausses couches
Certains cancers.
De nombreuses études ont été menées pour identifier les mécanismes de l’interaction entre le vivant et les champs électromagnétiques ELF et VLF.
In vitro, on observe :
au niveau du système nerveux central, une dérégulation des flux de calcium (impliqués dans le fonctionnement des nerfs,
dans les activités du noyau cellulaire, une surproduction de protéines,
dans le sang, une baisse de l’immunité par diminution de la capacité des Iymphocytes T à neutraliser les cellules cancéreuses.
Chez l’homme, il a été prouvé depuis quelques années que le corps est réceptif aux champs magnétiques, par l’intermédiaire de particules de magnétite, présentes au niveau des yeux et du cerveau, mais également par la glande endocrine la plus anciennement connue : la glande pinéale ou épiphyse, logée au cœur du cerveau, et que Descartes décrivait comme « le siège de l’âme ». La principale hormone produite par cette glande est la mélatonine.
Cette hormone est impliquée dans les trois pathologies qui nous intéressent :
des ruptures du rythme de sécrétion de la mélatonine sont associées à certains syndromes dépressifs,
un des rôles de la mélatonine est d’inhiber les glandes endocrines, et en particulier les gonades, qui sont les cellules pré-embryonnaires. De plus, la diminution de la sécrétion de la mélatonine, en réduisant son effet inhibiteur, peut être un facteur de cancer des
tissus oestrogèno-dépendants, tels que le sein et la prostate.
la mélatonine inhibe également la croissance des cellules cancéreuses, stimule la fonction immunitaire et diminue les radicaux libres.
Il a été observé de manière probante et reproductible, sur le rat et des groupes humains volontaires, que l’exposition prolongée à un champ magnétique artificiel bloque la production de mélatonine par la glande pinéale.
Une autre manifestation de la pollution électromagnétique chez l’homme, est la présence de courants induits dans le corps : la part électrique du champ magnétique induit un courant qui circule en boucle dans le corps.
Etudes statistiques
Problèmes neuro-comportementauxÊ : à part une récente étude amériúcaine qui confirme la fréquence élevée de maux de tête chez des personnes vivant près d’une ligne à haute tension, il n’existe pas d’étude statistique sur ces problèmes.
En raison de leur subjectivité et de leur variabilité, I’incidence des signes cliniques en ambiance électromagnétique n’est pas étudiée et donc n’existe pas dans la mentalité actuelle des chercheurs occidentaux.
Toutefois l’esprit scientifique russe, depuis Pavlov, attache beaucoup d’importance à l’observation du comportement. Il a été décrit durant les années 60 dans les pays de l’Est, un syndrome clinique paraissant survenir lors de travail prolongé en champ électromagnétique élevé, et associant :
maux de tête,
fatigue,
malaise général,
insomnie,
troubles digestifs,
irritabilité...
Il semble qu’actuellement, aucune étude ne soit suffisante pour lever les incertitudes qui elles, en revanche, sont bien réelles. Il est vrai que dans la société industrialisée actuelle, toute personne est plus ou moins soumise aux champs électroúmagnétiques, et il n’existe pas de réelle population non exposée à comparer avec une population exposée.
Prévention
Maintenir une distance suffisante face à un écran de télévision et d’ordinateur, mais aussi derrière et sur les côtés qui irradient 2 à 3 fois plus que l’avant.
Penser qu’un mur et une cloison ne diminue pas le champ électromagnétique, et qu’une personne peut être exposée aux radiations dans la pièce voisine.
Privilégier les ordinateurs qui respectent la norme MPR 2 ou C.E.
Les différentes sources de champs magnétiques doivent pouvoir être reliées aux prises de terre intérieures qui ne doivent pas être réservées uniquement aux cuisines et aux salles de bain.
Contrairement aux affrmations publicitaires, mettre un filtre devant un écran ne modifie pas le rayonnement électro maúgnétique, mais réduit les ultraúviolets et les ondes électrostatiques si ce filtre est muni d’un cadre métallique relié à la prise de terre.
Conclusion
Depuis peu, des détecteurs (1) d’utilisation simple et peu onéreux, permettent de mesurer les distances d’évitement prudent, et de contrôler que l’intensité du champ magnétique dans les zones de séjour prolongé ne dépasse pas 2,5 mGauss (norme suédoise).
Il pourrait être avantageux pour nous, monteurs utilisateurs, de faire adopter par règlement l’équipement obligatoire, dans toutes les salles de montage numérique, de ce type de détecteur.
En attendant les écrans plats à plasma ou matriciels, peu émetteurs, qui commencent à être mis sur le marché pour le montage.
(1) Magnétic Alert : voir note article Conseils aux cumulards