Communiqué de LMA (Les Monteurs Associés)
à propos de la réforme de l’Audiovisuel public.
Même si ...
Le service public de la radio et de la télévision.
Ses missions : garantir un accès démocratique à l’information, à la culture et au
divertissement en respectant les téléspectateurs - citoyens-.
Même si aujourd’hui nous constatons hélas une forte dérive de ces missions dans les
programmes proposés par les chaînes de service public.
Même si en tant qu’artisans - en partie - de ces programmes nous vivons et subissons dans
notre travail les conséquences qu’imposent les lignes éditoriales des décideurs qui formatent
et contraignent la liberté de création au nom de l’audimat.
Même si nous déplorons la transformation du téléspectateur citoyen en téléspectateur
consommateur.
Même si nous constatons que le service public audiovisuel s’est laissé gagner par des intérêts
contraires à ses missions,
nous sommes convaincus qu’il est indispensable qu’une véritable radio télévision publique
existe et se développe parce ce que nous connaissons les œuvres et les programmes qu’elle peut
produire.
Pour que le service public vive et se régénère il faut d’abord qu’il ne meure pas !
Certains pensent qu’en faisant table rase de ce service public-là, un autre surgira.
Ce serait trop beau, ne nous laissons pas séduire par cette naïveté angélique.
L’histoire prouve tous les jours que ce qui a été perdu est rarement reconquis.
Même si d’autres se drapent dans le soutien au service public pour ne défendre que leurs
propres intérêts se fondant ainsi dans un mouvement étrangement consensuel, nous aussi,
nous rejetons la réforme telle qu’elle est envisagée.
Il est totalement hypocrite d’affirmer que la réforme déchargerait les chaînes publiques de la
course à l’audience. Chaque jour, nous pouvons constater à quel point tous les services publics
sont soumis aux critères de rentabilité et doivent justifier de leur existence face au privé sur une
base purement comptable.
Cette réforme implique une diminution importante des ressources du service public de radio
télévision et introduit un facteur aléatoire pour son financement rendu dépendant des recettes des
opérateurs privés. Déjà, le Président de France Télévisions demande des économies de production,
ce qui n’augure rien de bon pour la qualité des oeuvres et des programmes futurs et la
considération qu’on leur accorde.
Nous demandons instamment aux parlementaires de ne pas voter un texte dont les
conséquences seraient désastreuses pour tous.